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ÉDITORIAL — Conjectures sur un remaniement

Depuis la rentrée de septembre, le Gouvernement Macron-Philippe s’enferre dans une mauvaise passe politique, consécutive à l’affaire Benalla. Trois ministres ont successivement démissionné, en moins d’un mois et demi : Nicolas Hulot, Laura Flessel et Gérard Collomb. Et il semble désormais acquis que le remplacement de ce dernier appelle à davantage qu’un changement d’un seul poste, mais un remaniement ministériel plus large.

Quels pourraient donc être les visages et l’ordre de grandeur de ce remaniement ? Vers quelles forces iraient puiser le président, après avoir débauché à droite, associé des personnalités de la société civile, et coalisé à lui le Mouvement démocrate (MoDem) ?

L’on pourrait concevoir que, dans la mesure où le Parti socialiste (PS), jusqu’ici pratiquement inexistant dans le débat public, trouve depuis l’été avec l’affaire Benalla une occasion inespérée de tacler le gouvernement Macron-Philippe, il ne me semblerait pas impossible que pour l’assécher complètement, le président fasse un remaniement passant par une ouverture dans sa direction, auprès de ses éléments les plus centristes. Le débauchage en novembre, d’Olivier Dussopt, député socialiste de l’Ardèche, nommé secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des comptes publics, était une première démarche de ce type, qui n’a pas été si commentée que cela, certes noyée par l’alliance REM-MoDem et le ralliement de personnalités de droite. Et l’on pourrait envisager qu’à l’avenir, ce type d’ouverture se généralise, pour atteindre définitivement le PS. Les éléments « vraiment de gauche » du PS résiduel se disperseraient alors entre France insoumise (FI) et Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon.

Un éventuel débauchage de davantage de personnalités de centre-gauche ferait de plus monter mécaniquement FI, que Macron cherche probablement comme adversaire préférentiel à l’élection présidentielle de 2022. Mais il se peut très bien que Macron ne change de nouveau que quelques ministres, brouillant de nouveau les pistes pour ne procéder qu’à un grand remaniement qu’après un probable échec aux élections européennes, l’an prochain.

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