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ÉDITORIAL — Concernant l’affaire Benalla


L’affaire Benalla est révélatrice de certains graves dysfonctionnements qui existent au sommet de l’État, jusque dans la sécurité personnelle du président. Est-il normal qu’Alexandre Benalla soit lieutenant-colonel de Gendarmerie à vingt-cinq ans, et qu’il prétendait réformer le Groupement de sécurité du président de la République (GSPR), probablement à son avantage ?

C’est une illustration typique du favoritisme et de l’ancien monde que, candidat, Emmanuel Macron prétendait combattre en 2017, mais qu’il incarne finalement davantage encore que ses prédécesseurs, une fois élu. Avec Marine Le Pen au pouvoir, cela ne serait pas arrivé.

Macron espérait de toute évidence profiter de la victoire française à la Coupe du monde de football pour se refaire une popularité, et faire passer tranquillement certains projets mal jugés de l’opinion publique, comme la loi Asile-Immigration et la réforme constitutionnelle. Désormais, le réel le rattrape.

Par ailleurs, le président nargue les Français dans sa défense, lorsqu’il affirme devant les parlementaires de République en marche (REM) qu’il est seul responsable. Il sait bien que, juridiquement, le chef de L’État est irresponsable, et que ce genre de déclarations à l’emporte-pièces ne l’engage en rien… Elles sont simplement destinées à noyer l’affaire.

Ladite affaire, « affaire de l’été », est bien partie pour devenir l’affaire de l’année, sinon du quinquennat. Il nous faudra mettre fin à cette triste dégringolade, dès 2022…

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