French President Emmanuel Macron adjusts his tie as he waits for Jordan's King Abdullah II at the Elysee Palace, in Paris, Tuesday, Dec. 19, 2017. (AP Photo/Francois Mori)

ÉDITORIAL — Les illusions du sommet One Planet

Éditorial


Ces derniers jours, le président de la République réunissait les chefs d’États et de gouvernements à Boulogne-Billancourt pour un sommet mondial, « One Planet », relatif au financement de la transition énergétique. Emmanuel Macron pensait ainsi poursuivre sur la lancée de son « Make our planet great again », piteusement lancé au visage de Donald Trump après le retrait américain des Accords de Paris.

Force est pourtant de constater que, de cette déclaration à ce sommet, peu de choses ont changé. La primeur reste à la communication, pas à la politique. Les annonces du président, ainsi que celle de son ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, ne sont pas à la hauteur de l’enjeu.

Le président Macron se berce d’illusions. Il prétend aujourd’hui que d’abstraits partenariats publics-privés liant multinationales et États pourront tirer la conscience et la pratique écologiques par le haut. Il oublie que, ces partenariats entre multinationales et États se font souvent au détriment de ces derniers — la preuve par les tribunaux d’arbitrage privés du traité TAFTA — et ne contribuent généralement qu’à niveler l’écologie par le bas.

Le président Macron assure encore que les financements seront au rendez-vous pour assurer la transition énergétique au niveau planétaire. Mais il fait semblant de ne pas voir que la somme des investissements infrastructurels demandés (de l’ordre de cinq mille milliards d’euros par an jusqu’en 2030) suppose, dans le cas français comme d’ailleurs des États européens, une pleine souveraineté monétaire et l’émission de prêts à taux zéro.

Nous sommes certes « une seule planète » (one planet). Mais nous sommes avant tout une diversité d’États-nations souverains, dont les intérêts géostratégiques divergents ne sauraient être contraints par une écologie punitive à un niveau planétaire… sauf à volontairement vouloir qu’elle soit inefficace. Les véritables transitions de nos modèles écologique et énergétique doivent avant tout se pratiquer à la discrétion et à l’échelle des États, ou dans le cadre de synergies limitées, entre puissances présentant des niveaux de développement équivalents.

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