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ÉDITORIAL — Vers le Rassemblement national


Tout comme beaucoup de militants frontistes et même, je le crois, un certain nombre de Français, j’ai suivi avec attention les déclarations successives de Marine Le Pen sur la nécessité de changer le nom du Front national, ces derniers mois. Le fait que les médias aient largement nourri la chronique autour de la future possible nouvelle appellation du FN peut pourtant faire douter de la pertinence de ce choix.

Ce choix pourrait en effet apparaître comme répondant uniquement à une injonction médiatique, une modernité du moment. Il me semble cependant que cette proposition faite par Marine Le Pen de changer le nom de sa formation ne répond pas à une mode, mais à un besoin, pour conduire notre mouvement vers autre chose : vers la victoire, et pas seulement.

Je suis personnellement favorable à ce que le nom du Front national change, pour que celui-ci devienne le Rassemblement national. Ce 14 mai, je viens donc de voter pour cette nouvelle appellation, comme je le pense beaucoup d’adhérents du FN, en ce moment. En préalable du congrès de Lille, cet automne, ceux-ci ont en effet savoir par vote postal, pour 52 % d’entre eux, ce souhait d’un nouveau nom. J’avais d’ailleurs voté favorablement concernant le fait de changer de nom.

Aller vers le Rassemblement national, c’est la perspective de nous inscrire au sein d’une nouvelle dynamique, en élargissant notre base électorale naturelle selon le principe récemment mis en évidence par Marine Le Pen : s’implanter, s’allier, gouverner. La culture de protestation historiquement attachée au FN depuis les années 1970, doit progressivement devenir une culture de gouvernement complètement acquise, qui passe par la constitution d’un contre-projet patriote exhaustif à celui, néo-centriste, d’Emmanuel Macron, recouvrant tous les aspects de ce qui garantit la pérennité de notre civilisation et le développement de notre société.

Proposer un contre-projet à ce qui est aujourd’hui, fortuitement et fragilement, un projet dominant, celui de Macron et de République en marche, dépend de notre capacité à court terme à compléter, voire parfois à créer ex nihilo, un argumentaire puis une parole publique sur des sujets habituellement peu traités par le FN. L’immense majorité des Français sait identifier le FN sur des marqueurs programmatiques forts, que celui-ci défend depuis ses débuts, liés à la défense de notre souveraineté et de notre identité. Les Français nous savent d’ailleurs gré d’être crédibles sur ces sujets, d’où leur soutien aux élections, pour onze millions d’entre eux, l’année passé.

Il faut maintenant aller au-delà, en construisant une parole et un programme sur de nouvelles thématiques. J’y vois notamment la transition énergétique et écologique et les thèmes d’écologique politique en général, la métropolisation de notre pays, la mer et les outre-mers, le codéveloppement, tout comme l’industrie de demain, qui passe — mais dans quelle mesure, et selon quelles régulations potentielles ? — par la robotisation et une maîtrise de l’intelligence artificielle, question majeure puisque enjeu de puissance, enfin, les questions de bioéthique qui y sont liées.

C’est le Front national rénové — le Rassemblement national — qui, par la voix de Marine Le Pen, pourra approfondir ces questions et défendre une parole nouvelle, loin des lieux communs des partis gouvernementaux ou parfois même, de leur absence de positionnement sur ces sujets.

Le front rénové que sera le RN, dans la perspective des élections européennes de 2019, doit aussi être celui d’une vaste coalition de tous ceux qui se reconnaissent dans l’amour de la France, autour d’un dénominateur minimal : défense de la souveraineté nationale et populaire, volonté de préserver l’identité de la France comme celle de nos régions historiques, dénonciation de la forme supranationale de la construction européenne, refus des politiques migratoires actuelles, destructrices de notre modèle social et vectrices d’une islamisation de notre société.

Cette dynamique de rassemblement, déjà incarnée par Marine Le Pen l’an dernier lors de la campagne présidentielle, suppose l’agrégation patiente de fractions parfois dispersées de notre électorat naturel (déçus du sarkozysme hier, et demain du macronisme, souverainistes, gaullistes,  identitaires, de même que cette partie d’électeurs de gauche hésitant entre FN et Insoumis) ainsi le ralliement d’indépendants et d’abstentionnistes, des classes moyennes urbaines jusqu’aux oubliés de la France périphérique, estimant pour le moment que la politique n’est pas ou plus eux.

La victoire est au prix de ce travail méthodique, entrepris par notre candidate en 2017 et magnifié durant l’entre-deux tours dans le cadre de son alliance avec Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France. Cette dernière alliance doit donc servir de modèle en vue des échéances futures, européennes comme municipales, en espérant la constitution d’un maximum de listes uniques à ces scrutins, qui puissent maximiser nos gains électoraux, tout en préservant nos sensibilités respectives.

Le constat que je pose n’a rien d’original, et je le sais partagé par beaucoup de militants frontistes. Nous autres, nationaux, devons maintenant œuvrer pour que l’analyse théorique de ce rassemblement nécessaire devienne une réalité pratique, et politique. Alors, au travail !

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